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L’anarchisme aujourd’hui : Nos refus politiques

De ces premières réflexions découle une série de positions, sur l’État, le Capitalisme et la Religion.







































































































































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Le refus de l'état

Premièrement l’État n’est pas un outil neutre que l’on peut utiliser à bon ou mauvais escient.

À partir du moment où un groupe dispose des moyens d’oppression (militaires et policiers) lui permettant d’agir dans ses seuls intérêts, il ne faut pas s’étonner qu’il les utilise ! Parler d’"abus de pouvoir” est ridicule, car à quoi servirait le pouvoir si l’on n’en abusait pas ? Prenez le plus généreux des ouvriers, donnez-lui un trône et il se transformera en un dictateur paranoïaque !Deuxièmement rejeter l’État, ce n’est pas rejeter l’organisation. Ceux pour qui l’État est d’une absolue nécessité font volontairement ou non, de sérieuses confusions entre État et société. il est vrai que les êtres humains ne peuvent vivre sans ordonner leurs relations et leurs actions. Ils ont besoin pour cela de se doter de structures politiques et d’organismes de gestion. Mais il est complètement faux de croire que l’État est la seule forme d’organisation possible ou qu’il est un “inévitable moindre mal”.

En confisquant nombre de fonctions d’utilité collective (comme la santé, l’éducation, les transports, etc.) l’État veut se parer d’une légitimité sans faille, nous persuader qu’il est incontournable.

Il s’agit d’une gigantesque escroquerie : les classes dominantes ont construit les appareils d’État pour servir leurs seuls intérêts et non pas la société. L’État est un outil de répression, de contrôle et de gestion, qui opère contre nous et qui limite ou écrase nos initiatives d’auto-organisation.

Pour que la société fonctionne, nous n’avons pas besoin d’être dirigés, et, refusant l’État nous proposons le fédéralisme libertaire et l’autogestion (sujet que nous allons traiter plus loin), c’est-à-dire des modes de fonctionnement qui donnent aux individus la possibilité de coordonner les activités sociales, en traitant d’égaux à égaux.

De par notre anti-autoritarisme, nous sommes amenés à nous démarquer des démocrates. La démocratie, c’est étymologiquement l’idée du “pouvoir du peuple” mais historiquement c’est la référence, soit à la démocratie athénienne (où il y avait des esclaves !), soit à la démocratie actuelle qui s’est développée depuis la Révolution américaine et affirmée avec la Révolution française. Pour éviter de se faire piéger par le jeu du langage, nous pouvons dire que le problème fondamental est celui de la délégation de pouvoir : être démocrate c’est penser que le peuple “doit élire ses gouvernants ” (par le suffrage universel).

Le “démocrate” reste donc dans le schéma dirigeants-dirigés. Si la dictature est le pire des systèmes politiques, nous constatons que dans la démocratie, le pouvoir des individus, des collectivités, des groupes sociaux, etc., se réduit à une peau de chagrin. Les “citoyens” n’ont aucun contrôle sur leurs élus : si ces derniers ne respectent pas leurs engagements (comme c’est habituellement le cas !), personne ne peut les destituer, on leur a donné un véritable chèque en blanc... Pourtant, certains vous diront : “Si tel candidat déçoit, il ne sera pas réélu !”. Et alors ? Ce sera l’un de ses acolytes qui le sera, pour refaire une politique pratiquement identique ! Ou bien, le candidat jurera ses grands dieux que, cette fois-ci, il s’en tiendra à son programme et une fois de plus, il trompera l’électorat crédule !Par ailleurs, il faudrait s’interroger sur les véritables pouvoirs des gouvernements ! Dans le jeu économique, les dirigeants, quelles que soient leurs intentions préalables, n’ont pas de marge de manœuvre significative. Ils sont subordonnés aux intérêts capitalistes. Ils gèrent la crise sociale, par de fausses politiques de l’emploi, par la charité et “l’action sociale”, par la répression.

Enfin, la démocratie, c’est la primauté de la règle majoritaire.

À ce titre, le référendum est paraît-il, la forme de gouvernement la plus “démocratique” : les “citoyens” ne sont-ils pas appelés à intervenir directement dans la “vie politique du pays” ? Or, c’est une évidence, la majorité n’a pas toujours raison.

S’en remettre sans condition à son jugement pour prendre des décisions sur tout est extrêmement dangereux : allons-nous accepter de voter sur des questions comme la peine de mort, l’expulsion des immigrés (ou “enfants d’immigrés”), le droit des femmes à travailler ? On ne peut pas accepter de soumettre à un vote ce qui n’est pas négociable et ce qui bafoue le principe de la justice sociale !Ceci dit nous ne sommes pas systématiquement opposés au vote.

Nous pouvons y recourir s’il est conçu comme un mode de décision accepté par tous, afin d’avoir à un moment donné, des indications sur les positions de chacun, de trancher rapidement des questions techniques, de choisir entre différentes options économiques de production.

Le refus du capitalisme, de la logique du profit, du salariat et de la monnaie

Le capitalisme est un système économique basé sur le fait qu’une classe sociale, la bourgeoisie, est propriétaire des moyens de production, de distribution et d’échange. Cette appropriation privée des capacités productives de l’humanité s’est accentuée dès les débuts du XIXe siècle, d’abord en Europe, et n’a cessé de se développer jusqu’à être aujourd’hui étendue à l’ensemble de la planète. Une variante, le capitalisme d’État s’est imposée entre 1917 et 1990 dans ce que l’on a appelé à tort les “pays socialistes”. La bourgeoisie y était remplacée par la bureaucratie de l’État, seul et unique propriétaire. Dans le capitalisme, les propriétaires des capitaux financiers, des entreprises, des outils techniques, des réseaux de commerce, etc., ont le contrôle absolu des processus de production, depuis la définition des besoins de consommation en passant par l’organisation du travail, la politique d’embauche, les lieux d’implantation des entreprises... Ceux qui, comme la majorité d’entre nous, ne possèdent que leurs bras, leurs savoir-faire ou leurs connaissances intellectuelles, sont contraints, pour vivre, de louer leurs services à des employeurs en échange d’un salaire (les libéraux parlent alors de “contrat”, comme si le salarié était libre de négocier, à armes égales, avec le patron !).

N’en déplaise à ceux pour qui parler de lutte de classes fait “langue de bois”, il existe bien un prolétariat en confrontation permanente avec une bourgeoisie. C’est de ce rapport de force entre exploiteurs et exploités que dépend le niveau de vie des uns et le taux de profit des autres.

Les capitalistes ont développé quantité de “bonnes raisons” pour justifier leur système. Ils prétendent que le profit est la rémunération correspondant aux risques financiers pris par les actionnaires. L’argument est trop facile et faux ! Quand un patron investit dans une nouvelle production, le capital qu’il engage provient du détournement et de l’appropriation d’une partie du travail réalisé par les salariés d’une industrie. Le capitaliste “parie” avec les fruits du travail collectif qu’il a volé ! Petits patrons comme grands barons de l’industrie soutiennent que sans perspective d’enrichissement personnel et sans compétition, la société ne pourrait plus fonctionner faute de “ressort” pour dynamiser les initiatives individuelles. L’exemple de la faillite des “pays socialistes” est très souvent mis en avant pour affirmer que le capitalisme est l’organisation qui garantit à chacun une chance de promotion sociale et de bien-être pour peu que l’on fasse les efforts nécessaires. Ce raisonnement est falsificateur, car “l’égalité des chances” (comme nous l’avons dit précédemment) n’est jamais assurée, puisque la transmission des titres de propriété comme des modèles culturels font que les richesses et le pouvoir se transmettent de génération en génération, dans les mêmes classes.

Quant à la fonction stimulante de l’enrichissement personnel, c’est un argument tronqué.

Pour nous, la coopération et l’entraide (sans lesquelles tout travail, y compris aujourd’hui, serait impossible) sont les seules conditions indispensables au progrès économique et social. La concurrence, au contraire, outre qu’elle conduit les individus à perdre leur vie pour la gagner, génère de formidables gaspillages. Au lieu de regrouper des énergies dans un but commun, elles les dispersent dans une guerre économique. Pour entretenir des débouchés, les bureaux d’études limitent volontairement la durée de vie des produits. De nouvelles gammes, simplement remodelées sortent des entreprises pour faire illusion. Des moyens énormes sont mis dans la publicité et le marketing pour conditionner les consommateurs...

L’efficacité et la rationalité du capitalisme restent pourtant des idées fortement ancrées dans les esprits, notamment en raison de la supposition suivante : l’économie de marché permettrait de satisfaire au mieux les besoins des individus. On va ainsi nous dire : “Si le capitaliste veut vendre, il doit trouver des acheteurs. Si les marchandises ne trouvent pas preneurs, il fera banqueroute a moins de trouver d’autres produits correspondant aux attentes des consommateurs”. La logique de marché pousserait donc les chefs d’entreprise à coller au plus près de la demande... Ce raisonnement est exact... sauf qu’il omet de dire que cette “demande” ne reflète pas les besoins sociaux des populations mais le pouvoir d’achat des différentes classes de consommateurs ! Étant donné que toutes les productions sont assujetties à des objectifs de rentabilité, les besoins des populations non solvables sont ignorés : dans le capitalisme, celui qui n’a pas d’argent n’existe pas.

Cette évidence nous amène à la critique de la monnaie. Celle-ci n’est pas, comme le disent les économistes, un “simple et commode moyen d’échange”. Pour répartir les richesses produites, les humains auraient pu trouver bien d’autres solutions ! Et puis on constate que le capitalisme sait de lui-même s’en passer lorsque cela s’avère opportun : il est par exemple fréquent que des pays négocient entre eux des accords de troc en raison des incertitudes qui planent sur le système monétaire international ! Si la monnaie est partiellement un outil, c’est en tant que support fondamental de la réalisation du profit.

Sans elle, la possibilité d’accumuler des valeurs resterait extrêmement réduite ; sans la thésaurisation (l’action d’amasser de l’argent), le capitalisme ne se serait pas développé !Avec l’argent, le système de domination s’est aussi doté d’une puissante arme d’aliénation idéologique : dans la course aux gains, l’utilité et la valeur sociale des choses passent au second plan, ou sont tout bonnement oubliées. La monnaie, et ce n’est pas une de ses caractéristiques les moins importantes, permet de masquer la réalité des rapports d’exploitation.

Quand un propriétaire extorque une plus-value au locataire, le rapport d’exploitation n’est pas immédiatement visible : le locataire est censé “payer le coût de construction et d’entretien” du logement mais le montant du vol n’est affiché nulle part !

L’exploitation, le vol par l’interface de la monnaie, est une méthode somme toute beaucoup plus habile que l’ancien esclavage, “direct” et brutal... L’argent crée un pouvoir qui échappe à tout contrôle. On le sait : quoi de plus anonyme qu’un billet de banque ? Quoi de plus “indéchiffrable" que les multiples transactions sur les places financières internationales ?

Le refus de la Religion

Des intégrismes (catholiques, islamistes...) aux tendances “modernistes” et “progressistes” voire “révolutionnaires”, la religion est loin de se réduire à une pensée unique. On ne peut combattre cette nébuleuse par la seule référence aux crimes de l’inquisition, aux exactions de ses composantes les plus obscurantistes. C’est au fondement de la religion qu’il faut s’attaquer. Anarchistes, nous ne sommes pas seulement anticléricaux (opposés à l’influence des clergés dans les affaires publiques), nous sommes athées : Cela signifie que nous nions l’existence de toutes divinités en affirmant qu’elles sont de purs produits de l’imagination humaine ! Comment peut-on lutter contre la croyance en Dieu ? La croyance étant hermétique au raisonnement scientifique, Dieu est, par la force des choses, indémontrable et indémontré !Il ne servirait donc à rien de chercher à prouver, d’un point de vue logique, que Dieu n’existe pas. Mais, en portant l’attention sur ce que sous-tend le phénomène religieux, c’est-à-dire en dévoilant ses finalités et ses mobiles non avoués, nous mettrons en évidence les raisons objectives de l’athéisme.

Pour l’individu qui veut se rassurer, la religion est une fuite dans le mysticisme et dans le moralisme : en se soumettant à des commandements supérieurs, il se dépossède de sa responsabilité et de son individualité. Croire en Dieu, c’est se donner un Maître et "Dieu étant tout, le monde réel et l’homme ne sont rien [...] Dieu étant le maître, l’homme est esclave" (Bakounine).

Pour les Églises, qui sont des États, l’ordre moral est le moyen de maintenir les peuples dans la soumission. Elles ont constamment servi les bourgeoisies, béni les armées et excommunié les mutins, tout en utilisant des aspirations populaires à “un monde meilleur” !Proudhon écrivait au sujet de la relation entre te pouvoir et l’Église :“L’idée économique du capital, l’idée politique du gouvernement ou de l’autorité, l’idée théologique de l’Église, sont trois idées identiques et réciproquement convertibles : attaquer l’une, c’est attaquer l’autre... Ce que le capital fait sur le travail, et l’État sur la liberté, l’Église l’opère à son tour sur l’intelligence. Cette trinité de l’absolutisme est fatale, dans la pratique comme dans la philosophie. Pour opprimer efficacement le peuple, il faut l’enchaîner dans son corps, dans sa volonté, dans sa raison“.

Cependant, si nous sommes radicalement hostiles à l’égard de la pensée religieuse, notre lutte ne peut passer par une “interdiction du droit de culte”, interdiction qui serait une mesure à la fois inefficace et contraire à nos principes libertaires. Tant que l’individu, adulte et responsable, veut croire, prier ou faire des pèlerinages, qu’il le fasse librement. Les discriminations sociales contre des individus en fonction de leurs convictions religieuses ne sont pas admissibles.

La question de L’école confessionnelle pose un problème plus épineux, puisqu’il s’agit de la mainmise des religieux sur l’éducation d’individus qui ne sont pas encore “autonomes”. Il n’y a pas de pire embrigadement que celui commis sur des enfants et des adolescents, que ce soit par des Églises, des Partis, des organisations politiques ou des sectes ! Comment combattre cet autoritarisme inqualifiable et qui ne mérite aucune excuse ? Si interdire par la force les écoles confessionnelles produit fatalement des effets contraires à celui recherché (en mettant ces écoles et les religieux en position de victimes), nous pouvons en revanche :